Les additions des grands nombres en maternelle Montessori

Les additions des grands nombres en maternelle à l’école Montessori Internationale de Bordeaux-Gradignan

Classe MontessoriNous souhaitons vous montrer la façon dont nous présentons les additions des grands nombres en Montessori. Ces opérations peuvent être effectuées par des enfants dès la maternelle, d’ailleurs le modèle des photos ci-dessous est un enfant de 4 ans.

Il faut tout d’abord que les élèves aient vu le premier plateau décimal et soient capables de former des grands nombres avec les perles dorées.

perles MontessoriA l’aide des petites étiquettes, nous plaçons ensuite un grand nombre que l’enfant doit représenter avec les perles dorées sur le tapis à colonnes (milliers, centaines, dizaines et unités).

Montessori écolePuis, nous plaçons un second nombre, en-dessous du premier, et l’élève doit à nouveau le représenter concrètement avec les perles.

BanqueNous ajoutons ensuite le signe « + » que nous lui présentons.

International MontessoriNous lui rappelons qu’une addition est une somme, c’est-à-dire qu’il faut mettre ensemble les perles, et ce en bas du tapis.

L’enfant compte alors le nombre trouvé en bas du tapis et place cette fois les grandes étiquettes pour le représenter.

Montessori addition

Montessori InternationalSi l’élève sait déjà écrire les chiffres, les éducateurs peuvent alors lui écrire l’opération sur un papier, et l’enfant pourra écrire lui-même le résultat de l’opération.

Montessori BordeauxSi l’enfant maîtrise bien les opérations avec les perles dorées, il est possible de passer à l’étape suivante un peu plus abstraite, c’est-à-dire l’utilisation des « timbres » pour effectuer les calculs.

Après avoir bien expliqué la correspondance entre les perles et les timbres, nous lui présentons un nombre à représenter avec le nouveau materiel découvert.

Grands nombres MontessoriL’enfant procède de la même manière qu’avec les perles dorées.

Ecole MontessoriIl représente les nombres en haut du tapis, puis un peu plus bas.

 

Addition MontessoriPour trouver le résultat de la somme, les timbres sont déplacés en bas du tapis, sous le « = » et l’enfant compte le nombre d’unités, dizaines, centaines et milliers dans chaque colonne.

Timbres MontessoriIl place, les grandes étiquettes.

Mathématiques Montessori

Math MontessoriEt s’il le peut, note le résultat sur sa feuille.

Maternelle MontessoriCela montre bien la richesse du matériel Montessori qui permet aux enfants très jeunes de comprendre concrètement les grands nombres et de maîtriser leurs opérations.

Ce passage par le concret permet ainsi aux élèves de passer beaucoup plus facilement à l’abstrait. Un enfant de 4 ans de notre école est aujourd’hui capable de nous dire spontanément, sans se servir du matériel, que 300 + 300 = 600 et 5000 + 5000 = 10 000.

Vous constaterez également dans les photos que nous venons de vous publier, que l’élève qui réalise les opérations sur les grands nombres est observé par ses camarades. Ceci est une autre des grandes forces de la pédagogie Montessori. En effet, le mélange des âges et le respect de l’individualité de chacun permet aux enfants plus jeunes, ou alors qui ne sont pas encore prêts, d’observer le travail effectué par les autres élèves de la classe. Cela crée non seulement une belle émulation puisqu’ils veulent vite comprendre le premier plateau décimal pour passer aux opérations, mais également d’avoir déjà assisté à une présentation du travail proposé. Les élèves observateurs iront donc plus vite au moment d’aborder l’exercice.

Montessori materialNous sommes heureux de constater les progrès de nos élèves, et d’observer leur joie lorsqu’ils effectuent leurs exercices au quotidien. Ils sont nombreux à venir nous demander de leur présenter des exercices « très très difficiles » !

8 commentaires pour “Les additions des grands nombres en maternelle Montessori

  1. donné

    Soit et après. Comment un enfant de cet âge peut il avoir la représentation d’une telle quantité. Certes il sait mécaniquement résoudre cette addition mais est ce qu’ il en comprend vraiment le sens?
    C’est le simple avis d’une enseignante de grande section depuis 10 ans.

    1. noemienoemie Auteur du post

      Tout est question d’environnement…
      Un enfant qui effectue une telle opération a d’abord expérimenté sensoriellement la notion de nombre, avec du matériel spécifique, c’est à dire qu’il comprend l’unité, la dizaine, la centaine et le millier après avoir manipulé ce matériel jusqu’à ce qu’il l’intègre parfaitement. Les yeux fermés il sait ce qu’est une unité et un millier, par exemple, car il ressent une différence de volume et de poids. Il sait qu’une unité est égale à 1, et il voit clairement que le résultat de l’opération est beaucoup plus grand que cette unité. D’ailleurs, tous les élèves nous font la même réflexion : « c’est un très grand nombre ».
      L’adulte ne comprend d’ailleurs pas vraiment non plus ce qu’est un grand nombre car à partir d’une certaine quantité il va utiliser un référentiel mais il ne pourra pas se l’imaginer.
      Pouvez-vous visualiser 3000 voitures ? Non bien-sûr ! Mais vous savez que ce nombre est plus grand que 300 et plus petit que 10000.
      Nous formons des enseignants qui expriment leur frustration de ne pas bénéficier de la pédagogie Montessori et de ne pas posséder un tel matériel dans leur environnement de travail. L’addition dans ce contexte n’est donc pas un geste mécanique, mais bien une opération concrète qui a tout son sens.

    2. cloé

      L’enfant joue, manipule et intègre, quoi de plus stimulant pour lui?
      Il peut choisir d’aborder ce genre d’exercice comme un jeu, s’épanouir et en comprendre tout son sens, toute sa complexité, grâce aux enseignants qui les encadrent.
      C’est ici la suite logique d’autres ateliers, comme passer de 9 à 10, d’un chiffre à deux, de se questionner et d’en constituer un nombre.
      Nombre, unité, dizaine… ils assimileront les termes au fur et à mesure.
      La richesse de l’école Montessori, c’est pour l’enfant sa construction à travers ses sens son rythme, et pour les enseignants la liberté de les aider à grandir et les suivre de la PS de maternelle au CM2.
      Bien sûr qu’ils vont comprendre!
      Parce qu’ils sont serein parce qu’on leur laisse le temps…

      Maman d’élève ( merci à Noemie, Rodolphe et Sophie pour toute votre implication )

  2. thatsme

    Et le mieux, pour une instit de gs, selon moi serait de se questionner comment les enfants en école MM peuvent avoir une si grande estime de soi et acquérir de meilleures connaissances, s’intéresser au travail et surtout avoir compris leur travail selon leur propre rythme, alors qu’en école « normale » il est impossible de les tenir en place et ils n’ont aucune envie d’apprendre?….

  3. marina

    Il aurait été intéressant de montrer une addition telle que 8539+1683 car dans votre modèle il n’y a pas une seule addition qui fasse que l’élève doive remplacer 1O unités par exemple en une décimale et donc changer de colonne .

  4. Angélique

    Effectivement, tout est question d’environnement…J’ai introduit les timbres à compter dans ma classe de ms-gs…que j’ai très vite retiré, n’ayant pas présenté avant les plateaux décimaux (car je n’ai pas ce matériel). Nous sommes tous d’accord : introduire directement l’addition avec les timbres n’a aucun sens pour les élèves, c’est purement mécanique ! Mais Noémie l’a bien précisé dans son article « Il faut tout d’abord que les élèves aient vu le premier plateau décimal et soient capables de former des grands nombres avec les perles dorées. »
    Le matériel Montessori est extrêmement sensoriel, les élèves voient, touchent, ressentent ce que peut être une unité, une dizaine, une centaine grâce au matériel.
    Remettons également les choses dans leur contexte : nous sommes au mois de mars, cela veut dire que les enfants qui sont ouverts à cette activité ont déjà 6 mois d’école Montessori derrière eux, avec une connaissance du matériel et une habitude de travail différente de celle qui se pratique généralement en école publique.
    Je pense qu’encore une fois il serait bon de s’ouvrir à d’autres pratiques, à d’autres fonctionnements que sont les nôtres pour essayer, sinon d’adhérer, au moins de comprendre.
    Une enseignante en école maternelle publique qui a des élèves qui « se tiennent en place  » et ont envie d’apprendre.

    1. noemienoemie Auteur du post

      Nous vous remercions pour votre commentaire et sommes admiratifs du travail que vous effectuez dans vos classes.
      On peut comprendre les difficultés que vous rencontrez à mettre en place des ateliers Montessori. En tout cas c’est formidable que vos élèves puissent profiter de l’investissement dont vous faites preuve.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *